T comme testaments

Nous retrouvons Jeanne Rimbert, la grand-tante de mon grand-père maternel, qui est restée aux Sables-d’Olonne après le décès de son bien aimé mari, Charles Napoléon Pinet. Jeanne qui a toute confiance en mon arrière grand-père, Lucien Rimbert, son neveu, va le choisir comme exécuteur testamentaire. Dans les papiers que mon grand-père m’a transmis, il y a en beaucoup qui concernent Jeanne, et notamment, des testaments. En voici la retranscription:

Samedi 22 Octobre (la date a été déchirée)

Aujourd’hui libre de corps et d’esprit, je veux écrire mes derniers volontés pour éviter toutes les discutions mal placées après ma mort, je veux que mon enterrement soit chanté à la Chapelle du couvent, j’aimais bien ma paroisse certainement, mais je veux partir de la Chapelle pour aller au cimetière rejoindre mon cher mari, je veux que cette sortie soit la dernière, j’aime beaucoup le tiers-ordre, mais je réclame aussi les bonnes personnes que je connais; plus j’aurai de monde, plus j’aurai de prières, je les remercie d’avance et je demande à Dieu de les bénir. Je remercie aussi d’avance toutes les Religieuses du couvent pensant bien qu’elles prieront beaucoup le bon Dieu pour moi, merci merci que Dieu vous le rende en grâce pour l’éternité.

Le 22 octobre 1927

Veuve Pinet

Je veux un enterrement de troisième classe et le plus de prêtres possible.

Les Sables d’Olonne 24 septembre 1928

Si par testament je donne à ma belle-sœur, veuve Rimbert la totalité de tout ce que je laisserai à mon décès c’est que j’ai confiance qu’elle partagera en bonne mère de famille mon avoir avec ses enfants qui sont mes neveux propres, je ne laisse rien à ma nièce madame Miron parce qu’elle n’a pas d’enfants, son cher fils étant mort très glorieusement sans laisser d’héritier.

Veuve Pinet

Dans le cas où mes meubles seraient vendus je ne veux pas que les objets de piété le soient

le 6 décembre 1928

Sitôt ma mort, je veux que l’on donne à madame la supérieure de la miséricorde pour qu’elle l’envoie à sa supérieure générale qui habite Sez?, la très grande armoire qui est placée près de mon lit et qui me sert de garde-robes, on y laissera les porte-manteaux. Les sœurs de la miséricorde ont toujours été très bonnes pour moi. Je tiens à cette armoire qui appartenait à mon mari, je leur donne de bon cœur et en échange elles prieront pour moi toujours. Je donne à la même communauté pour le prêtre le plus ancien un petit secrétaire en acajou qui se trouve également dans ma chambre, il vient encore de mon cher mari. Les religieuses le mettront à la même communauté, et je demande la même chose des prières. Les sœurs rendent services par leurs soins, les prêtres par leurs prières. Je remercie Dieu de m’avoir donné cette idée, car tout le bon vient de Dieu.

Veuve Pinet

Sa belle-sœur, veuve Rimbert, est Emélie Lise David, mon arrière-arrière-grand-mère (la mère de Lucien), qui avait épousé l’unique frère de Jeanne, Jean Baptiste, le 9 août 1873 à Paris. Sa nièce madame Miron était Marie Anne Renaud, la fille de sa sœur aînée Marie Rimbert, qui avait épousé François Renaud à Nantes le 3 juin 1861. Marie Anne avait épousé Cyrille Miron le 20 novembre 1883, et ils avaient eu un fils nommé Cyrille Marcel né en 1884. Le pauvre Cyrille Marcel n’était même pas marié depuis un an qu’il a trouvé la mort à Vierzy en 1918. Il n’avait pas d’enfant avec sa femme Suzanne Pouit. Il y a eu des conflits de famille entre les Miron et les Pouit, le comportement de Suzanne a beaucoup choqué la mère de Cyrille Marcel, mais c’est une autre histoire.

Les religieuses dont parle Jeanne dans ses testaments sont les sœurs du couvent où elle avait une chambre. Sa famille lui écrivait à l’adresse suivante Couvent de Chavagnes aux Sables d’Olonne. Je n’ai pas trouvé de trace de ce couvent aux Sables. Je pense qu’il s’agit du couvent des ursulines de Jésus car j’ai un inventaire des possessions de Jeanne dans ce couvent qui date de 1928. Les Ursulines de Jésus étaient également appelées « de Chavagnes », car 6 religieuses venant des Sables d’Olonne ont ouvert en 1802 une école et un pensionnat pour filles (source), cette appellation est confirmée par le Bulletin des lois de la République Française, volume 6, page 462: « ordonnance du Roi qui autorise l’acceptation de la Donation faite à la congrégation des ursulines de Jésus de Luçon (Vendée) par la dame G.E. Sergent, supérieure de la communauté des ursulines de Chavagnes dites de Jésus, établie aux Sables-d’Olonn (même département), de la maison dite anciennement des Capucins, située dans cette ville, occupée par la communauté, avec ses dépendances;… ». Quand aux sœurs de la Miséricorde, je pense que ce sont celles de Nantes, car Jeanne avait un caveau au cimetière de la Miséricorde qu’elle a mis à la disposition de sa nièce Marie Anne Renaud pour qu’elle puisse y enterrer son fils.

Jeanne décède en 1932, et sera inhumée au cimetière des Sables-d’Olonne conformément à ses dernières volontés.


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