F comme François Etienne Raimbert

archive familiale

François Etienne Raimbert est l’ancêtre grâce auquel j’ai commencé la généalogie, pour mon grand-père maternel André Rimbert. J’ai la chance d’avoir de nombreux papiers le concernant, ce qui m’a permis de retracer son parcours.

François Etienne est né à Ancenis (Loire-Atlantique) le 27 décembre 1776, de François Raimbert, marchand boulanger, et Emerance Robert, tous deux originaires d’Ancenis. Il aura au moins un frère Jean (1780), et trois sœurs, Emerance Catherine (1778), Mathurine Catherine (1779) et Marie (1792). La famille Raimbert/Rimbert quitte Ancenis pour aller dans le Maine et Loire après la naissance des deux aînés.

Comme son père, François Etienne devient boulanger, et toujours comme son père, il s’engage dans l’Armée Royale Vendéenne d’Anjou.

Il a à peine 16 ans lorsqu’il devient canonnier sous les ordres du chef de pièce Ragueneau dans l’armée dirigée par le Marquis de Bonchamp. Il participera aux batailles de La Flèche, Château-Gontier et Laval.

C’est à Laval (le 22 octobre 1793) qu’il sera blessé au bras gauche « par un éclat de l’avant-train de sa pièce ». Plus exactement, c’est à l’olécrane qu’il a été touché. Il ne pourra plus se servir de son bras pour des travaux demandant un peu de force.

Le témoignage de Louis Barillé (son beau-frère, époux de sa sœur Mathurine Catherine) nous apprend que quelques jours après avoir reçu sa blessure, François Etienne, qui avait perdu une grande quantité de sang, se réfugia à Saint-Géréon chez Louis Barillé père. C’est sans doute grâce à lui (et à une robuste constitution) que François Etienne survécut. Le chemin parcourut depuis Laval pour atteindre Saint-Géréon était très long!

Extrait de l’acte de notoriété de 1824, témoignage de Louis Barrillé: « Le sieur Louis Barillé gendarme à cheval au dépôt de Nantes a déclaré paraillement qu’il était à sa connaissance que le dit Etienne Raimbert quelques jours après avoir reçu sa blessure s’était retiré au bourg de Saint-Géréon proche la ville d’Ancenis, chez Louis Barillé son père qui le voyant dans un état déplorable lui donna l’hospitalité, qu’il était sur le point d’expirer par la perte de son sang suite de sa blessure.« 

François père eut moins de chance. Il décédera à 40 ans sur le champ de bataille, à Martigné-Briand, le 14 juillet 1793, jour de l’anniversaire de son épouse.

Une fois suffisamment remis de ses blessures, François fils rentre peut-être à Le May-sur-Evre. Avec sa mère et ses frère et sœurs, il retourne à Ancenis. Il épouse Anne Brochet, native elle aussi d’Ancenis, le 30 avril 1801. De leur union naîtra onze enfants qui arrivèrent presque tous à l’âge adulte.

  • François 1803-1869 marié avec Perrine Moreau puis avec Jeanne Herault
  • Anne 1804-? mariée avec Jean-Marie Pelletier
  • Mariette 1807-? mariée avec François Levreau
  • Jean 1809-1871 (mon ancêtre) marié avec Mariette Levreau
  • Rosalie 1811-? mariée avec François Barillé, fils de Louis Barillé et Mathurine Catherine Rimbert
  • Fannie 1812-1848 mariée avec Alexis Body
  • Victorine 1813-? mariée avec Charles Fouré
  • Véronique 1817 mariée avec François Jaunay

La famille déménage à Liré dans le Maine-et-Loire après la naissance de Fannie, François Etienne y sera fermier. Puis nouveau déménagement après 1815, cette fois au village de la Musse, La ville en Bois, à Chantenay, où il reprendra son métier de boulanger.

Lors de l’insurrection de 1815, François Etienne est volontaire dans l’armée du Général d’Autichamp. Le dernier mois de cette révolte, son fils aîné, âgé de 11 ans seulement, est capturé par la troupe Bonapartiste d’Ancenis et emprisonné à Nantes. François quitte alors l’armée pour aller délivrer son enfant.

La blessure de François Etienne l’handicapera beaucoup dans son métier de boulanger. Il eût bien du mal à faire vivre sa grande famille. Pendant des années, il se battit pour réunir tous les certificats et attestations nécessaires à l’obtention d’une pension. Les premiers documents datent de 1816, et c’est seulement en 1828 qu’il obtiendra enfin les 50 francs de secours viager (site archives de la Vendée – 18 mars 1828: Secours accordés à 491 anciens combattants ou veuves SHD XU 36-9, vue 14/023).

Voici les documents que j’ai en ma possession:

  • Certificat de l’adjoint de Liré (ville où avait vécu François Etienne pendant les Cents-Jours)
  • Acte de naissance
  • 2 Certificats de médecin ainsi qu’une copie
  • Certificat d’indigence ainsi que deux attestations de la part des maires d’Ancenis et de Chantenay.
  • Acte de notoriété
  • 2 Certificats de chef vendéen: l’Etat des Services dans l’Armée Royale Vendéenne et attestation de la part de ses anciens officiers supérieurs en 1793 et en 1815.

La situation de François Etienne était telle, que demoiselle Trollet, charcutière au village de La Musse, sans enfants, se prit d’affection pour lui, et décida d’en faire son héritier en 1826.

Le 25 mai 1834, son épouse, Anne Brochet, décède à 61 ans. La succession mettra près de 3 ans à se régler complètement.

Le 6 juin 1844, François Etienne meurt, à 67 ans, des suites d’un grave accident de voiture sur la route entre Nantes et Chantenay.

La Ville en Bois (place Canclaux) en 1825. -Nantes– 23Fi 1265 Archives Départementales de Loire-Atlantique

Le Breton – 10/06/1844 :

Chronique Locale
Nous avons souvent réclamé avec les autres organes de la presse à Nantes le redressement de la voie publique au pont de Gigant, si fertile en accidents funestes. La semaine dernière encore, un honnête père de famille, le sieur Rimbert, est mort des suites des blessures graves qu’il a reçues, après avoir été jeté à bas de sa voiture à ce détour dangereux.

National de L’Ouest – 08/06/1844 :

Chronique locale
M. Rimbert, qui a fait une chute il y a quelques jours au bas de la rue de Gigant, en conduisant un charriot, est mort avant-hier matin des suites de cet accident.
La perte d’un homme de bien, enlevé à sa famille et à ses amis par une catastrophe aussi déplorable, doit engager les administrations municipales de Nantes et de Chantenay à s’entendre pour faire rectifier au plus tôt le passage si dangereux de la rue de Gigant au chemin de la Ville-en Bois: il ne faudrait pas attendre qu’un nouveau sinistre vint encore en montrer la nécessité.

Dans les tables de successions et absences, il est indiqué que la succession de François est vacante. En fait, il s’était arrangé de son vivant avec ses enfants. Le fond de boulangerie avait déjà été transmis à son fils cadet Jean, mon ancêtre.

François Etienne Raimbert 1776-1844
|
Jean Rimbert 1809-1871
|
Jean Baptiste Rimbert 1847-1919
|
Lucien André Rimbert 1888
|
Mon grand-père
|
Ma mère
|
Moi


8 réflexions sur “F comme François Etienne Raimbert

  1. C’est une histoire très intéressante. Les documents joints sont-ils des documents familiaux ou les avez-vous trouvé aux archives départementales ?

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s